MEURTRE À LA CHAPELLE
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Encore cette année, je me suis amusé à monter la crèche de Noël de notre chapelle en accrochant à des infrastructures des plus précaires les bons vieux trucs de toujours. Comme tout le monde le sait, dans toute crèche, à part l’enfant Jésus, Marie et Joseph, il n’y a pas de personnage plus important que l’âne. Car l’âne a reçu de Dieu la très noble profession de servir de compagnon aux pauvres et de porter leurs fardeaux. Eh bien, par une gaucherie dont moi seul ai le secret, j'ai eu le malheur de poser mon âne de plâtre sur le bout d'une planche qui n'était pas clouée. Le pôvre a culbuté sur la mosaïque du plancher et s'est cassé en mille morceaux. Ça m'a fait bougrement mal, car j'aimais beaucoup cet âne d'âge vénérable dont les yeux reflétaient si paisiblement la béatitude des doux et la vigilance des bons. Le bœuf était inconsolable. Il m'a traité d'assassin. J'ai confessé mon crime à toute la maisonnée...