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Affichage des messages du avril, 2012

Le gros méchant

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LE GROS MÉCHANT On croyait que le gros méchant, c’était celui qui cassait les jambes des travailleurs non syndiqués ou non affiliés au bon syndicat. On croyait que c’était celui qui offrait  des pots-de-vin au maire et contribuait à la caisse du parti pour décrocher les meilleurs contrats. On croyait que le gros méchant, c’était celui qui gonflait les factures et qui vendait sa mère pour faire des sous. On croyait que c’était la commission scolaire en croisière dans les Caraïbes. On croyait que c’étaient les PDG de nos institutions financières et de nos universités qui se donnent des salaires et des primes toujours plus hauts.  On croyait que le gros méchant c’était notre généreux gouvernement qui trouve toujours des centaines de millions de dollars au fond de ses coffres pour paver le chemin aux minières, aux pétrolières et aux gazières, ce gouvernement qui aide les multinationales à vider notre pays de ses richesses et à le dévaster en échange de si peu de ...

DU SACRÉ AU RATIONNEL

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Beaucoup d’entre nous sont nés en nageant dans le religieux, dans le sacré, dans l’eau bénite jusque par-dessus la tête. La divinité était omniprésente dans les moindres recoins de nos vies. Nous étions pieux, dévots, superstitieux, crédules, dociles, bons enfants. Nous étions mystiques aussi. Nous sublimions tout. Pour nous, le mal, le désordre, les malheurs venaient du péché. Il fallait combattre le péché en nous, autour de nous et partout, par le sacrifice, la force de volonté, la discipline, la violence même, et aussi par les missions. Parfois on osait regimber un peu, mais nos révoltes ne faisaient pas long feu. On croyait en un Dieu infiniment bon, mais on croyait aussi qu’on ne méritait rien de sa bonté. Il fallait sans cesse lutter pour se montrer dignes de ses biens. Rien n’était jamais trop beau ni trop grand pour notre Dieu. Aussi, à tous les coins de rue, nous lui élevions des églises sans rien ménager. Et nous lui donnions notre vie sans compter. On entrai...

MARCHER SUR LES EAUX

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Le langage de l’Évangile n’est pas le nôtre. On se trompe toujours en le lisant comme si les gens d’il y a deux mille ans pensaient, s’exprimaient ou écrivaient comme nous. Leur manière à eux était probablement celle des conteurs populaires ou du théâtre de faubourg. À l 'époque, peu de gens savaient lire. Ce qui est rapporté dans les évangiles a d’abord été raconté, joué et peut-être mimé dans des petits groupes et devant des foules diverses, suscitant la ferveur et l’admiration, et sûrement aussi la controverse et le débat. C’était un peu la télévision du temps, le discours ou le spectacle improvisé au fond de la ruelle, à l’ombre d’un arbre ou sur la galerie de l’auberge. Jésus était pour plusieurs l’imbattable héros de l’heure. Ses nombreux admirateurs ne se lassaient pas de raconter son histoire. Chacun y mettait un peu les couleurs qu’il voulait, et sûrement en rajoutait au passage pour le plus grand plaisir de l’auditoire. L’important c’était de faire ...