8 novembre 2011

NOS COQS


L’humain ne vit pas seulement de maths, de colonnes de chiffres, de bouffe, de spectacles et de loterie, mais aussi d’images et de symboles.

Au Québec, on souffre, dit-on, d’un complexe de colonisés. Coincés entre deux grosses mères, l’orgueilleuse Angleterre et la puissante Église catholique, beaucoup d’entre nous seraient nés à demi étouffés et auraient été condamnés pour l’éternité à s’excuser d’exister. Pourtant, dans tous les coins de notre pays, nous avons un symbole puissant qui nous fait entendre un autre son de cloche.

Ce sont les coqs de nos clochers.

Du haut de leur perchoir dans le ciel, et au dessus même de la croix, ils ne cessent de défier la pluie, la grêle, les poudreries, le tonnerre et les éclairs. De bois, de bronze ou de laiton, ces braves gallinacés tiennent fièrement le coup, et nous crient sur tous les tons : « Debout ! Réveillez-vous ! »

Dans le passé, on croyait que le coq avait le pouvoir de faire se lever le soleil. Et c’était vrai, car son cri n’est pas celui de la peur, ni de la mort, mais de la résurrection - ou de « l’insurrection », comme dirait quelqu’un qui se mêle à peine dans les mots.

Bien que d’autres clochers, qui ont le droit de ne pas être des nôtres, aient aussi leur coq, nous devons savoir que nos coqs à nous sont avant tout un symbole de la France de nos aïeux, qu’autrefois on appelait « la Gaule », du mot latin « gallus » qui veut justement dire « coq ».

Allons! Écoutons la clameur de nos coqs héroïques qui, du haut de leurs ergots, se dressent hardiment sur la forêt de nos clochers. Décolonisons-nous et dans nos têtes, et dans nos cœurs, et dans nos tripes et dans nos os! Retrouvons une foi qui nous libère de nos adolescences attardées!

Redevenons maîtres de ce qui nous appartient, en particulier de l’Église elle-même… pour qu’elle devienne ou redevienne source et point de convergence de nos plus belles audaces et de nos rêves les plus fous!

Secouons-nous! N’ayons pas peur de la station debout!

Eloy Roy

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