16 juillet 2019

PSAUTIER REVISITÉ



Je n'ai pas changé les Psaumes. Je les ai seulement revisités pour les épousseter, les nettoyer de certaines incohérences, les rendre plus faciles à lire. Cet ouvrage de 250 pages en 2 tomes n'a pas été dicté par les anges. Il est rempli de parfaites imperfections... Il restera sur le métier pour d'éventuelles améliorations et sera longtemps en construction. Si tu veux y jeter quand même un coup d’œil, suis ces deux liens: 

Psaumes 1 à 99: 
https://todoelmundovaalcielofrancais.blogspot.com/p/psaumes-revisites.html

Psaumes 100 à 150: 
https://todoelmundovaalcielofrancais.blogspot.com/p/psautier-revisite.html

                                                                              Eloy

30 juin 2019

HORNOCAL

Puna argentina, Province de Jujuy, 4,300 m d'altitude









Photos de Eloy Jr Escobar, juin 2019

27 mai 2019

LES QUATRE DE LA RIOJA






Devoir de mémoire

Vos pères ont tué les prophètes et vous, vous leur édifiez des tombeaux que vous ornez de guirlandes! (Matthieu 23, 29-32)

Quatre témoins de l'Évangile viennent d'être béatifiés en Argentine. Ce sont Enrique Angelelli, Carlos Murias et Wenceslao Pedernera. Les trois sont argentins; le premier est évêque, le deuxième est franciscain, le troisième est un paysan laïque engagé. Leur compagnon, Gabriel Longueville, prêtre missionnaire français, a été béatifié également avec eux. Les quatre hommes vivaient à La Rioja, une province appauvrie de l'arrière pays, où les attendait, en 1976, une fin brutale.

Qui l'eût cru? Une quarantaine d'années auparavant, une impitoyable dictature militaire s'installe en Argentine. De nombreux évêques, prêtres et fidèles catholiques l'accueillent comme «le bras de Dieu» venu sauver le pays de la perdition.  Or, en moins de six ans, ce «bras de Dieu» empile sur les épaules de l'État argentin une dette multimilliardaire absolument impossible à rembourser; elle fait disparaître trente mille personnes, en fusille quinze mille autres, fait dix mille prisonniers politiques et plus d'un million d'exilés. Et puis, ce même «bras de Dieu» se rend jusqu'à La Rioja, et assassine traîtreusement quatre hommes profondément impliqués dans le relèvement des plus appauvris.  

Or, récemment,  le 10 mai de cette année, cette même Église catholique déclare martyrs et "bienheureux" dans les cieux les quatre hommes assassinés par cette dictature qu'elle-même avait glorifiée comme "bras de Dieu"!

Alors que ces quatre hommes de Dieu couraient un grave danger, l'Église qui savait tout (car elle avait un accès privilégié à la dictature) non seulement n'a pas levé le petit doigt pour les défendre,  mais a tout fait, au contraire,  pour les discréditer et rendre encore plus lourd le fardeau qui pesait sur eux. Et puis voilà que, quarante ans plus tard, maintenant qu'ils sont bien morts et que la dictature a été renversée,  elle déclare tout bonnement à la face du monde que ces hommes n'étaient pas des démons, mais des saints.


Saints, ils l'étaient en effet, et ils le sont devenus parce qu'ils ont commis le très grave péché de déranger. Ils ont vécu au milieu des pauvres et des mécontents. Ils ont dénoncé l'injustice régnante et l'ont combattue. Ils se sont impliqués auprès de groupes qui revendiquaient leurs droits et réclamaient des changements. Ils ne poussaient personne à la violence, mais ne se gênaient pas pour faire prendre conscience que la terrible violence qui ravageait le pays n'était pas causée par les pauvres mais par ceux qui abusaient d'eux.   Elle ne venait pas des travailleurs surexploités qui avaient toutes les raisons du monde de se révolter, mais des énormes injustices et des insupportables inégalités causées par la corruption, la rapacité, la dureté, l'aveuglement et la cruauté des grands possédants, de leurs  hommes de main et de leurs amis inconditionnels de la police et de l'armée, copieusement formatés, endoctrinés, armés et pilotés par le "grand frère" de l'humanité qui est toujours vivant,  et qui est connu, envié, vénéré et haï dans le monde entier.

Les Quatre de la Rioja n'ont jamais mangé à la table des milliardaires. Ils n'ont jamais béni ni encensé la Dictature qui violait, torturait, emprisonnait, fusillait, faisait disparaître des personnes par milliers en jurant de nettoyer le pays de tous les «subversifs» qui osaient, comme eux, rêver d'une société plus juste. Ils ne reconnaissaient aucune légitimité aux militaires qui se servaient de leurs armes pour commettre des atrocités encore pires que celles qu'ils prétendaient combattre. Ils les considéraient simplement pour ce qu'ils étaient: des usurpateurs et des tueurs, et ce, même si le général Videla, chef suprême de la dictature, allait à la messe et communiait tous les jours, et que son bras droit, l'amiral Massera, jouait au tennis les fins de semaine avec le nonce apostolique. Eux n'obéissaient pas à ces autorités, ni à celle de la plupart des évêques qui, devant les atrocités qui se commettaient dans le pays,  se lavaient les mains ou restaient muets, ou qui, en se livrant à des voltiges sur l'amour, le pardon et la paix, arrosaient d'eau bénite la politique de mort de la dictature. Ils préféraient «obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes», comme le déclarait si hardiment l'apôtre Pierre au Grand-Prêtre au lendemain de l'assassinat de Jésus à Jérusalem (Actes des apôtres 5, 29). Ils n'avaient pas d'autre maître que le Jésus de l'Évangile, celui qui est venu apporter la paix, mais pas n'importe quelle paix ni à n'importe quel prix.

D'après eux, il ne faisait aucun doute qu'à La Rioja Jésus luttait à leurs côtés pour aider les paysans exploités à relever la tête, avec les résultats que l'on sait. Quand des hommes et des femmes  s'efforcent de vivre et d'agir comme Jésus, ils finissent fatalement par être calomniés, méprisés et ridiculisés par leurs propres frères. Un bon jour, on les assassine. Tout comme Jésus. C'est ce qui est arrivé aux Quatre de La Rioja.

À leur mort, il ne s'est pas trouvé grand monde pour les pleurer, sauf,  une poignée de braves personnes engagées dans la défense des droits humains,  et un certain nombre d'irréductibles qui,  malgré tout, persistaient à vouloir marcher selon l'Évangile. Sauf également quelques hurluberlus comme moi qui, depuis le  Concile Vatican II, avions eu la candeur de croire en une autre Église.

Il fallut qu'un argentin monte sur le trône papal pour que la réputation des Quatre de La Rioja soit lavée. Cette béatification, que  ces derniers n'auraient jamais imaginée, est, en fait, un bel acte de justice qui honore ce pape; elle est aussi un baume appréciable sur le cœur des milliers d'autres victimes de la féroce dictature. Mais elle risque aussi "d'embaumer" la dictature elle-même avec toute sa pourriture et  tous ceux-là qui, à l'intérieur de l'Église, ont servilement  coopéré avec elle sans en avoir manifesté jusqu'à présent le moindre regret.

Je ne sais pas si des dames très catholiques de la haute société,  ne collecteront pas de fonds pour construire un monument à la mémoire des nouveaux béatifiés, mais chose certaine, c'est  qu'en dépit de la condamnation en justice de plusieurs grands criminels de la dictature, des milliers de leurs comparses sont encore libres et se la coulent douce, alors que beaucoup de gens au pays peinent encore à se remettre de leurs blessures.

C'est à se demander si ces criminels n'ont pas gagné, à la fin. Car, en Argentine,  les choses n'ont à peu près pas changé.  Il semble bien, en effet, que tant qu'il restera quelque chose à voler, les forces obscures qui, par le passé, ont si souvent triomphé, ont encore devant elles un avenir de grande prospérité.
 
La béatification bien méritée des Quatre de La Rioja ne changera pas la 
situation. Elle ne suffira pas non plus pour que l'Église se refasse une beauté. 
À moins que les nouveaux bienheureux s’attellent à la tâche ardue de réaliser 
pour leur pays et pour l'Église d'Argentine des miracles qui sortent vraiment 
de l'ordinaire.  

                                                                                         Eloy Roy
mai 2019


22 avril 2019


LES PIERRES CRIERONT!

NOTRE-DAME DE PARIS BRÛLE,
LES «GILETS JAUNES» NE LÂCHENT PAS.

Ph. AP Thibault Camus.

Le 15 avril au soir, un incendie éclate dans les combles de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Au même instant, le Président de la République s'apprête à prononcer un discours d'extrême importance au sujet des  «gilets jaunes». Tout le pays est sur le qui vive. Mais la cathédrale brûle et le discours du Président est suspendu.

La veille de ce soir fatidique, entre les murs de cette même cathédrale, un événement vieux de 20 siècles reprenait vie dans la liturgie du jour. En notre temps, cet événement serait probablement signalé comme  la «manif des Rameaux». Parmi les participants, pas de «gilets jaunes», mais un groupe de Galiléens décidés d'en découdre avec le pouvoir. Parmi eux,  un certain Jésus de Nazareth...

Marginalisés depuis toujours, durement exploités par les autorités locales et par l'occupant romain, les habitants de la Galilée n'en peuvent plus. Ils protestent, mais on ne les entend jamais. Au contraire, on les réprime sans pitié. Pour se faire entendre il faudra frapper un grand coup.         

Ces jours-là,  Jérusalem, capitale du pays et siège du pouvoir, est en liesse. Elle célèbre la Pâque, la grande fête de la nation. La vieille fibre nationaliste de tout un peuple se réveille. Des Juifs venus de partout montent à Jérusalem. C'est l'occasion rêvée.

Un groupe de Galiléens surchauffés prend à son tour la direction de la capitale.  Avec eux va Jésus. En raison de ses  positions très critiques à l'égard des dirigeants, celui-ci est de plus en plus reconnu comme prophète. En arrivant donc aux portes de la ville, les Galiléens se regroupent avec grand bruit, font monter Jésus sur un petit d'âne, brandissent des rameaux arrachés aux palmiers, étendent leurs manteaux sur le sol, entonnent des chants patriotiques, et, en plein sous le nez des autorités du pays, font défiler Jésus en l'acclamant roi.    

Est-ce une blague? Il semble que non. On interpelle Jésus: «T'es fou, ou quoi? Tu veux mourir?...Fais-les taire!» Pour toute réponse, Jésus met ses mains en porte-voix et crie à son tour: «Je vous le dis: si eux se taisent, les PIERRES crieront!» (Luc 19, 40). 

Or, à Paris, dans la nuit du 15 au 16 avril, les pierres de la magnifique cathédrale (dont on dit qu'elle est la plus photographiée du monde), ont bel et bien crié, et crient encore. Depuis leurs 800 ans de vie, on les entend encore gémir dans les flammes.

Des vitraux superbes ont éclaté, d'importantes structures en bois et des œuvres de grand prix sont parties en fumée. Mais l'essentiel des œuvres d'art et du bâti de pierre a été sauvé.  Pour quelques milliards d'euros, la belle Notre-Dame sera reconstruite.

      Ph.  Daniel Samulczyk 

Non loin de cette église de pierre dévorée par les flammes se tient une autre église. Une église d'une autre sorte. Elle est de chair et d'os. Elle ne porte pas d'habits d'or mais des... «gilets jaunes». Elle est un peu comme «l'église» du petit peuple. Elle est là, debout, les larmes aux yeux. Elle prie sans trop savoir. Délabrée, désorganisée, tapageuse, et maintenant hébétée, atterrée, dépassée par les événements, rien ne la décourage. Elle va continuer de manifester aussi longtemps qu'elle n'aura pas vraiment été écoutée.   

Car cette église des «gilets jaunes», même non croyante ou non pratiquante pour le plus grand nombre, vaut aussi cher que l'église de pierre en train de brûler. En fait, elle est d'une valeur inestimable; elle mérite d'être sauvée infiniment plus que tous les trésors de toutes les églises du pays. D'autant plus qu'une simple opération de justice sociale qui lui permettrait de se relever coûterait probablement moins cher qu'une reconstruction à l'identique de la bonne vieille église qui vient d'être ravagée...


«S'ils se taisent, avait dit Jésus, les pierres crieront»...

Jeudi prochain le Président reprendra son discours. Il s'adressera à la nation pour donner sa réponse aux «gilets jaunes». On verra si le cri des pierres de la cathédrale incendiée aura été entendu.
  

PSAUME 74 (73)

Le Temple est saccagé, Israël est touché en plein cœur. Le psalmiste a la mort dans l'âme. Où est Dieu? Jusques à quand? Pourquoi?...

Égypte, Ninive, Babylone, et plus tard, Rome ne supportent pas l'esprit rebelle de leur colonie juive. Ce petit peuple est attaché jalousement à son indépendance. Pour lui, sauver ses lois, sa culture, son Dieu est une question de vie ou de mort, c'est-à-dire le seul moyen de ne pas se laisser avaler par les grands empires et de ne pas se dissoudre en eux.


TOI QUI ES, pourquoi traites-tu ton peuple si durement,
l'aurais-tu rejeté pour toujours?

Autrefois, tu avais fait de nous ton peuple particulier;
tu nous avais rachetés de l'esclavage en terre étrangère,
tu avais fait de nous tes héritiers.

Souviens-toi du mont Sion
et du Temple où tu avais établi ta demeure.
Porte tes pas vers ces lieux aujourd'hui dévastés:
ton sanctuaire a été ravagé de fond en comble!

Tes ennemis ont rugi dans l'enceinte de ton temple,
ils ont saisi nos symboles sacrés
et les ont remplacés par les leurs.
On les a vus s'y ruer comme dans une épaisse forêt, la hache au poing:
en un rien de temps ils avaient tout cassé.

À coups de haches et de marteaux
ils ont fracassé toutes les sculptures de ta Maison,
ils ont mis le feu à ton sanctuaire,
ils ont profané et abattu la demeure de ton Nom.
En leur cœur ils disaient: "Pas de pitié pour personne!"       

Puis, ils brûlèrent tous les lieux saints dans le pays.
Nos signes n'apparaissent plus nulle part;
nous n'avons plus de prophètes, 
et parmi nous personne ne sait combien de temps cela durera.

Jusqu'à quand, l'oppresseur continuera-t-il son outrage, 
quand cessera-t-il de te mépriser, TOI QUI ES ?
Pourquoi donc as-tu retiré la main de ta droite?
Sors-la de ton sein! Fais quelque chose!
Toi, mon roi dès les temps anciens,
vainqueur des combats sur la face de la Terre.

Tu as fendu la mer par ta puissance,
tu as fracassé les têtes des dragons sur les eaux.
Tu as écrasé la tête de Léviathan, le crocodile,
pour le donner en pâture aux monstres marins.
Au désert, tu as fait jaillir des sources et des torrents,
et dans la plaine, tu as mis à sec des fleuves intarissables.

À toi est le jour, à toi, la nuit;
tu as créé le soleil et les astres.
tu as fixé les limites de la terre,
tu as établi l'été et l'hiver.

Souviens-toi qu'un ennemi t'a méprisé.
et qu'un peuple insensé a blasphémé ton Nom!
Ne laisse pas la bête égorger ta Tourterelle.
Par amour pour ton alliance,
n'oublie pas pour toujours la vie de tes malheureux!

Vois, la guerre est partout,
et les cavernes du pays regorgent de brigands.
Que l'opprimé échappe à la honte!
Que le malheureux et le pauvre célèbrent ton Nom!

Lève-toi, ô TOI-QUI-ES, défends ta cause!
Souviens-toi que des insensés t'outragent chaque jour!
N'oublie pas les ravages qu'ils font,
écoute les cris de haine qu'ils poussent sans fin contre toi!

Nous avons dit: «Nous sommes le Christ.
Nous avons la vérité.
Dieu est avec nous.
Nous toucher, c'est toucher Dieu»
Nous avons planté nos temples partout.
Nous sommes devenus la connaissance, la santé,
la pensée, la conscience
et la vie même de tous les peuples.
Nous étions la puissance même de Dieu,
nous étions «la chrétienté».
En dehors de nous il n'y avait pas de salut.

Nous avons fait de grandes choses
nous avons enseigné le bien
nous avons fait le bien
même que nous l'avons imposé
souvent avec des armées.
Innombrables furent nos abus...
C'est pourquoi aujourd'hui
nos signes ne parlent plus,
nos paroles
même les plus sublimes
sonnent creux.
Nos temples s'écroulent,
notre encens se refroidit.
Nous sommes devenus des ombres...
Dans la poussière,
nous attendons une nouvelle création.


PSAUME 102 (101)

Un homme est détruit par la maladie; il pleure sa misère. Il est devenu une ruine. Il ressemble à Jérusalem qui a été saccagée et n'est plus qu'un tas de poussière... "Tu vas tout créer de nouveau, TOI QUI ES!"

Ô TOI QUI ES, entends ma prière :
que mon cri parvienne jusqu'à toi !
Viens vite, réponds-moi! 

Mes jours s'en vont en fumée,
mes os brûlent comme un brasier ;
mon cœur se dessèche comme l'herbe fauchée,
j'oublie de manger mon pain ;
à force de gémir, ma peau colle à mes os.

Je ressemble au corbeau du désert,
je suis pareil à la hulotte des ruines :
la nuit, je veille comme un oiseau solitaire sur un toit.
Le jour, mes ennemis m'outragent et me maudissent.

La cendre est le pain que je mange,
je mêle à ma boisson mes larmes.

M'aurais-tu rejeté, TOI QUI ES?
L'ombre gagne sur mes jours,
et je me dessèche comme l'herbe.

Pourtant, TOI QUI ES, tu es là pour toujours ;
d'âge en âge on fera mémoire de toi.
Attendri pour ta Ville, tu te lèveras;
il est temps de la prendre en pitié,
car l'heure est venue.
Tes serviteurs ont pitié de ses ruines,
ils aiment jusqu'à sa poussière.

Quand tu rebâtiras Sion,
quand tu apparaîtras dans ta gloire,
quand tu te tourneras vers la prière du spolié,
quand sa prière ne sera plus méprisée,
les nations respecteront ton nom, ô TOI QUI ES,
et tous les rois de la Terre te glorifieront. 

Ton peuple, que tu auras créé de nouveau,
chantera ta louange,
et pour l'âge à venir il sera écrit:
« Du haut de son sanctuaire, CELUI QUI EST s'est penché ;
il a regardé la terre; il a entendu la plainte des captifs,
il a libéré ceux qui devaient mourir. »

Dans Sion on célébrera CELUI QUI EST,
sa louange retentira dans tout Jérusalem
lorsque les royaumes et les peuples viendront
et se rassembleront pour le servir.

Oui,  ma force s'est brisée en chemin,
le nombre de mes jours s'est réduit,
mais j'ai dit : « TOI QUI ES,
ne me prends pas au milieu de mes jours ! »
Tes années recouvrent tous les temps :
autrefois tu as fondé la Terre,
le Ciel est l'ouvrage de tes mains;
l'une et l'autre passent, mais toi, tu demeures :
ils s'usent comme un vêtement
qu'on remplace par un autre,
alors que toi, tu restes le même ;
tes années n'ont pas de fin.

Les enfants de tes serviteurs vivront en ce pays,
et leur descendance se maintiendra devant toi.

Eloy Roy

Pâques, 21 avril 2019



10 avril 2019

RÉCOLTE DU 11 AVRIL 2019



33 items: du Voile au Trou noir


VOILE



Quand un signe d'oppression devient un signe de libération

Dans un certain contexte religieux, le VOILE des femmes est généralement vu comme un signe d'obéissance, et souvent de sujétion.

Mais, dans l'Argentine des années 1976 à 1982, un voile du même genre et de couleur blanche, affiché par les Mères de la Place de Mai, a montré à la face du monde qu'il pouvait être, au contraire, un signe de courage, de rébellion, de subversion et même d'une révolution féminine à grande échelle.

À cette époque, quand une féroce dictature militaire catholico-fasciste faisait trembler toute l'Argentine, une résistance épique vit le jour et prit chair dans les milliers de grand-mères, mères, épouses, sœurs et compagnes des 30 000 personnes que ce régime de mort avait fait disparaître (et qui demeurent disparues à ce jour!). Le «missile nucléaire» que brandirent ces femmes pour affronter le Dragon fut le simple voile blanc qu'elles portaient sur la tête.

Le Dragon se moqua, les méprisa, les traîna dans la boue, ne manqua pas d'en torturer, en faire disparaître et même d'en tuer certaines. Rien n'y fit. La résistance de ces braves femmes a été sans faille et intense à l'extrême jusqu'à ce que la Dictature finisse par crever.

Ces femmes au voile blanc n'ont malheureusement pas ramené à la vie leurs êtres chers que la Dictature avait déjà éliminés, mais elles ont largement contribué à redonner à tout un pays brutalement violé, humilié et vendu, la dignité qu'on lui avait arrachée. Elles lui ont injecté aussi quelque chose comme le goût de reconquérir la liberté, la démocratie et la justice par d'autres moyens que les bottes, les canons, le cynisme et la corruption, et autant par la participation des femmes que par celle des hommes..  

CRUCIFIX

Il en est de même de la croix.



À l'époque des Romains, le supplice de la croix était le châtiment le plus infâme que l'on réservait aux esclaves qui désertaient leur maître, et aux rebelles qui s'opposaient à l'Empire. La croix était le signe de la déchéance absolue, la marque des vaincus, la honte suprême.

Pourquoi maintenant la trouve-t-on partout?

C'est qu'il y a Jésus cloué à la croix.

Malgré qu'on ait tout fait pour camoufler la chose, le Crucifié est la personnification même d'un NON éternel à l'absolutisme et à l'arbitraire de tous les Pharaons, les Césars et les Infaillibles autocrates de ce monde. À cause de ce NON qu'il a crié jusqu'au bout de son sang, la croix a cessé d'être le signe triomphal des oppresseurs pour devenir le grand signe de ralliement des opprimés. 

Un signe de non conformité, de désobéissance et de refus de tout ce qui écrase, un signe porteur des rêves de liberté de tous les vaincus du monde.

C'est ainsi que de symbole d’opprobre, la croix est devenue la semence jetée dans notre chair de ce qui, un jour, fleurira aux yeux de toute l'humanité comme la plus grande de toutes les victoires du monde.


On en parle encore

«Quand je serai élevé de terre, j'attirerai tous les humains à moi» (Jean 12, 32).



En Galilée, un jeune homme se livre corps et âme aux rejetés de la société et leur redonne leur place au soleil. Cette  nouveauté est incroyable. Elle bouscule les coutumes, les certitudes, les dogmes, la morale officielle, les préjugés, les tabous, les intérêts de classe. Elle dérange un tas de monde. Elle remet en question l'ordre établi. En l'espace de deux ans, le mal causé par ce jeune homme est immense. Il a dépassé les bornes, on l'assassine.

Il avait prévu le coup.  Il avait dit: «J'attirerai le monde à moi». Traduction: «On viendra de partout. On me verra pendu au gibet. On en sera peiné et terriblement choqué. On dira: «Ça, plus jamais!» Car on se reconnaîtra en moi. Chacun reconnaîtra en moi l'un des siens, un proche, un ami, un frère, une sœur, une fille, un fils, une communauté, un peuple même; on y verra des grands pans de l'humanité se tordant dans l'impuissance et dans la douleur, et qui dit NON au Système qui les crucifie.  

Au cours des siècles qui ont suivi, fleurs, bougies, peluches se sont accumulées aux pieds du Crucifié. Des fleuves de larmes ont été versés. Aux branches des arbres on a lu des cartons, des papiers et des rubans qui disaient dans toutes les langues: «Tu n'es pas mort. Tu vis dans nos mémoires. Nous ne t'oublierons jamais. Tu continueras de vivre à travers nous. Nous continuerons ce que tu as commencé; nous  prolongerons ton œuvre, nous l'étendrons au monde entier.  Nous ne serons plus jamais des étrangers les uns pour les autres; nous ne serons plus des rivaux, ou des ennemis... Ce qu'ils t'ont fait à toi, c'est à nous qu'ils l'ont fait; ce qu'ils font à tant de démunis de la Terre, c'est à nous qu'ils le font. Nous étions des aveugles, tu nous as éveillés!»

Insurrection
Indignez-vous!

     Internet

Quand on en a ras-le-bol, on s'insurge. C'est ce qui est arrivé aux gens qui marchaient dans les pas de Jésus. Quand ils ont vu comment ses adversaires l'avaient fait assassiner, ils ont été d'abord anéantis mais vite ils se sont ressaisis et se sont insurgés. Ils ont dit: "Assez, c'est assez!"

Au risque de leur vie ils ont dénoncé avec la dernière énergie le crime commis par les chefs de la nation. Ils ont subi les menaces, le fouet, les chaînes, la prison, l'excommunication... Et ils ont tenu ferme. Contre vents et marées, ils ont décidé de reprendre le message de Jésus et de le répandre auprès de toutes les nations.

Le message est très simple: «Un monde nouveau est en marche.  Dieu en est l'âme. Il en est le moteur. Laissez tout et embrassez avec nous ce monde nouveau où les derniers sont les premiers, les chefs sont au service du peuple, et les gens du peuple cessent de se battre  comme chiens et chats! Et où Dieu n'est plus ce despote huché au plus haut des cieux, mais l'un de nous qui transmet volontiers son souffle à ceux et celles qui l'accueillent. »

Non seulement ils ont proclamé ce message, mais ils sont eux-mêmes devenus ce message tout en réalisant progressivement que Jésus, celui-là même qui avait été assassiné sous leurs yeux, était en train de revenir à la vie à travers eux.

C'est ainsi que peu à peu leur "insurrection" est devenue synonyme de «résurrection».

«CHRIST EST RESSUSCITÉ!» était leur slogan, leur cri de ralliement et le mot-phare de leur «subversion».

Ce message, ce cri (on pourrait dire « ce Credo») faisait rager les assassins de Jésus qui étaient encore aux commandes de la nation. Ceux-ci n'épargnaient aucun effort pour tenter de les neutraliser en faisant arrêter, fouetter, jeter en prison ces fauteurs de trouble qui, un jour, seraient appelés «chrétiens»...

C'est de cette souche insurrectionnelle que vient l'Église de Jésus de Nazareth.

Mais ne nous trompons pas de cible. Est-il besoin de le répéter? Les «vraies affaires», ce ne sont pas les condoms, le mariage gay ou la communion pour les divorcés remariés, ni même l'avortement ou l'euthanasie, mais la destruction de la planète et le sort d'au moins la moitié de l'humanité qui croupit dans un état lamentable de sous-humanité en raison de ... nous savons quoi.

Indignons-nous!

           
TROIS BELLES SURPRISES !


L'ALGÉRIE S'INSURGE DE FAÇON EXEMPLAIRE!




   ET LE SOUDAN AUSSI! 


    AFP PHOTO/VATICAN MEDIA Aleteia


LA TOTALE! 

Le 12 avril 2019, François baise les pieds des leaders politiques du Sud-Soudan les suppliant de cesser de s'entre-tuer entre frères. Un geste genre Jésus? ...

FOUS

1 Corinthiens 3, 18-20. 4, 3-5

                                                                       Images Bible

Monsieur Paul, celui qu'on appelle l'Apôtre, nargue ces grandes gueules qui, dans la société,  prétendent être gardiens de la pensée «correcte». Le point de vue de ces derniers pourrait se résumer à ceci: Évitons les changements, sinon le monde va s'écrouler.

Monsieur Paul n'est pas d'accord avec eux et lance cette pierre dans la mare: si ceux qui pensent ainsi sont des sages, alors, moi je suis fou. Et si je suis fou, eh bien, j'en suis fier, car ce sont justement les fous que Dieu choisit pour remettre sur pied ce monde qui marche tout croche.

Paul se fout éperdument de ce que les autorités pensent de lui: «Mon juge,  déclare-t-il, c'est ma conscience, et le Seigneur!» 

Quelle était la folie de Paul? C'était d'aller à contre-courant d'une  tendance qui gagnait de plus en plus de terrain chez les chrétiens des premières communautés. À la suite du traditionaliste Jacques, le «frère du Seigneur», la grande idée de l'heure, c'était qu'on pouvait être à 100% avec Jésus à condition de continuer à observer fidèlement les traditions de la bonne vieille religion juive comme  la circoncision, la viande casher, les restrictions du sabbat,etc... La Loi religieuse des anciens (leur charia...) était intouchable. Pour eux, c'était la Loi d'abord, Jésus ensuite. Pour Paul, c'était Jésus seulement, et pas de charia!

C'était ça, la folie de Monsieur Paul.


Main levée et bras étendu 

                                                                                        fotolia

Dieu lève la main et étend le bras, non pas pour tuer, mais pour briser les chaînes de l'esclave et le rendre libre. C'est ainsi qu'il est montré dans  la bible, aux toutes premières pages de ce que nous appelons  "L'Histoire du Salut".

C'est ainsi aussi que les «enfants de Dieu», car nous le sommes, devons le voir et le montrer.

De nos jours, les pharaons ont changé de nom, mais ils continuent de dominer, d'endormir, d'ensorceler, et d'opprimer par des menaces et des guerres qui ne finissent jamais. Ils tuent à profusion pour garder les masses dans les chaînes de l'inconscience, de la résignation, de l'insignifiance, de la marginalité et de la niaiserie.

Toi, étends ton bras, ouvre ta main, libère, donne la vie!


Amarsissage




En  se posant sur Mars, la sonde InSight a réussi son "amarsissage". Sa mission actuelle est de creuser la croûte de cette planète et de la fouiller pour voir ce qu'elle a dans le ventre. Mars  a sans doute un noyau de feu comme la Terre, mais a t-elle de l'eau? 

Je tourne vers moi-même une autre sonde, celle de ma conscience, et je scrute aussi ce que j'ai dans le ventre et dans le cœur. De quel matériau suis-je fait? Il se peut bien que, sous une mince couche d'humus, je trouve un épais noyau de roche, et qu'au cœur de ce dernier il y ait du feu.

Mon «humus» serait ce que je crois être, c'est-à dire la face de moi que je montre au monde, et que le monde voit.

Ma «roche» serait mon bouclier intérieur chargé de me protéger contre les corps étrangers,  contre l'environnement, contre moi-même, contre Dieu et contre tout.

Mon «feu», enfin, serait l'être sublime que je suis et que je ne connais pas... Cette réalité profonde de mon être qui veut naître en dehors de sa caverne. Celui que la bible perçoit comme «l'image de Dieu», une sorte de germe d'essence divine planté au dedans de moi.( Jésus donne à ce germe d'autres noms: «trésor», «semence du royaume», «source qui jaillit en vie éternelle»)...

Dans ma condition mortelle, ce feu serait déjà le commencement de la résurrection! C'est de lui que Jésus aurait parlé quand il disait: «Je suis venu allumer le feu sur  la terre...»

Je choisis donc de ne plus m'attarder à soigner mon «humus», c'est-à dire ces nombreux personnages que je me suis inventés pour m'ajuster au monde. Je renonce aussi à essayer de percer mon «noyau de roc intérieur» qui me protège des agressions ... car il est indestructible. Quant à mon «feu» que je vois comme un germe: j'attends qu'il soit mûr, gonflé à point, prêt à éclater. De tout mon être j'aspire à ce qu'en jaillisse une flamme.

En attendant, je me tiens dans mon tombeau, debout dans l'obscurité, face à la pierre qui en ferme l'entrée. Quelqu'un viendra à son heure, la pierre sera roulée et ce sera la Lumière.

Flashes en provenance du monde à venir


                                               pinterest

Qu'on y croie ou pas, le «Royaume» que Jésus  annonce et pour lequel il meurt sur la croix, imprègne jusque dans ses moindres cellules notre monde fait de matière. Bien que nos yeux ne puissent le voir et que nos mains soient incapables de le palper, c'est ce Royaume qui donne consistance et sens à notre monde fait de pesanteur et d'opacité.  Qu'on y croie ou qu'on n'y croie pas, ce «Royaume» dont Jésus rend témoignage par toute sa vie, est la racine, le cœur et l'avenir du monde dans lequel nous vivons.

De temps en temps, cette réalité mystérieuse laisse échapper des fulgurances qui viennent frapper notre conscience à la façon de l'éclair. Ce sont les miracles, véritables flashes provenant de l'avenir...  Ils nous montrent quelque chose du Royaume qui est en nous et qui n'en finit pas de devenir.

À cause du Royaume qu'il porte en lui, notre monde en effervescence tombera tôt ou tard sur ses pieds et marchera dans la voie de la réconciliation, de la justice et de la paix. Ce qu'aujourd'hui nous appelons «miracle», sera normal. La lourde chape de haine, de peur, d'angoisse qui pèse sur nous et qui nous tue un peu plus chaque jour, n'existera plus. Nous serons sortis des filets de la mort et respirerons librement. Nous verrons clair, nous comprendrons, nous vivrons pleinement. Nous ne serons plus des infirmes, des aveugles, des sourds, des muets, des boiteux, des lépreux, des paralytiques, de pauvres malheureux recroquevillés sur nous-mêmes, incapables de communiquer en profondeur et prisonniers de notre propre pesanteur. Dieu ne sera plus un étranger pour nous et nous  ne serons plus des étrangers pour lui. Nous ne serons plus des étrangers les uns pour les autres. Nous ne deviendrons pas des anges, mais des êtres pleinement humains.

Quand cela se produira-t-il? Sûrement avant la fin du monde, autour de quelques centaines de milliers ou millions d'années... En attendant, rien ne nous empêche de cesser de nous nourrir de mort, car le Royaume est en nous et déjà en devenir.

La Mission: ressusciter les morts!


     ouest-france

On peut écrire des milliards de bouquins sur ce que devrait être la mission des chrétiens dans le monde. Pour ma part, je la résumerais en ces mots:

Allons chez ceux qui vivent dans les marges. Ne leur parlons pas trop de la foi en Dieu, car bien souvent ils l'ont plus que nous.
Encourageons-les plutôt à avoir foi en eux-mêmes, car c'est de cela qu'ils ont le plus vivement besoin.

Si nous «éveillons» cette confiance en ceux qui n'en ont pas, nous leur donnons littéralement la vie. Autrement dit, nous les «ressuscitons».

Jésus avait probablement quelque chose comme ça en tête lorsqu'en envoyant ses disciples en mission il leur dit: «Annoncez que le Royaume de Dieu est tout proche...RESSUSCITEZ LES MORTS !»

                                                                                           (Matthieu 10, 7- 8).

Mini bille


                                                                             ScienceHowStuffWorks

Le cosmos est un méga océan d'énergie qui se déploie en milliards de galaxies et peut-être même en de nombreux univers. Il semblerait que cette énergie gigantesque était concentrée au départ en une bille de la grosseur d'une tête d'épingle. À un moment donné, la bille aurait crevé et libéré ces incroyables forces qui constituent notre cosmos et nous constituent nous-mêmes jusque dans nos cellules les plus infimes. Ça n'arrête pas là. Tout continue de se faire et refaire, de marcher et de s'étendre dans un tourbillon sans fin qui nous entraîne à chaque fraction de seconde au-delà de tout ce que nous pouvons voir, imaginer ou rêver.


                                         Tournis


                                                                      twinbuzz

La Terre tourne sur elle-même à 1700 km à l'heure, tout en tournant autour du Soleil à 107 280 km à l'heure (soit à 30 km à la seconde), en même temps qu'elle se laisse entraîner par le Soleil autour du centre de notre Galaxie à une vitesse de 230 km à la seconde. Notre galaxie (la Voie Lactée) fonce à son tour dans l'espace à une vitesse de 400 000 km à l'heure (soit 112 km à la seconde), tandis que le groupe de galaxies auquel appartient notre galaxie voyage à grande vitesse vers un autre amas de galaxies qui...etc. etc. etc....

On ne peut pas dire que ça ne tourne pas dans le coin...

Dans la Lune


                                                                                                          kiwisanspoil skyrock

On trouve sur la Lune des "mers" sans eau qui portent des noms charmants:

Mer de la Connaissance
Mer de la Fécondité
Mer de l'Ingénuité
Mer du Nectar
Mer de la Tranquillité
Mer de la Sérénité
Mer de l'Ingénuité
Mers des Îles
Mer des Écumes
Mer des Nuées
Mer des Ondes
Mer Marginale

Avec des endroits aux noms si romantiques, pas étonnant que la majorité des Terriens, dont moi,  passions tant de temps "dans la lune".

Un péché méconnu


                                                                                Internet

Dieu sait comment on nous a cassé les oreilles par le passé pour nous garder loin de la masturbation, de l'homosexualité, du contrôle des naissances, etc....  Toutes ces choses étaient classées comme «péchés contre nature» et trônaient au top des inventions du diable les plus estimées... Par ailleurs, à  propos du «péché contre LA nature», c'est-à-dire contre l'environnement, pas un traître mot!

Pourtant, il y a cinquante ans, le désastre écologique crevait les yeux; il était énorme déjà; il était monstrueux, plus gros que la planète elle-même, mais on ne le voyait pas. Et si par hasard on le voyait, on s'en foutait comme de notre première paire de chaussettes.   


Bombe en Afrique du Sud


    nouvelordremondial

Les Blancs forment le 8% de la population du pays et ils possèdent 72% des fermes.

Les Noirs constituent 80 % de la population et ne possèdent que le 4% des fermes.

Voilà la bombe gigantesque sur laquelle le pays est assis. Elle pourrait éclater à n'importe quel moment.

La mauvaise répartition de la terre est le «péché originel» d'un tas de pays.  C'est le grand péché de l'Amérique latine.

Depuis 200 ans, entre dictatures, révolutions, guerres civiles et gouvernements corrompus,  l'AL se bat pour résoudre ce problème. Des résultats tangibles se font toujours attendre.

La mauvaise répartition de la richesse est le cancer numéro 1 de toute l'humanité. Il est là le "péché originel" de la planète.



Le Capitalisme pense à tout


                                                                              internet

Voici ce que le Capitalisme me dit: «Avec moi tu n'auras plus besoin de produire, car je me charge moi-même de la production. Je te vendrai mon produit, et toi, pour l'acheter, tu n'auras qu'à travailler pour moi.»


Mais non, il n'y a plus de péché
     altituiderando

Le péché, c'était le sexe. Aujourd'hui, c'est le contraire: explorer le sexe sous toutes  ses coutures et le pratiquer sous toutes les formes est devenu un signe d'évolution incontournable.

Le péché, pour les Québécois "pure laine", c'était aussi le sacre. Or sacrer est maintenant devenu le top du chic. «Tabarnak de câlice de viarge!», ça fait tendance chez les gens bien éduqués, et ça soulage.

Le péché par excellence était de ne pas aller à la messe le dimanche. Aujourd'hui, le péché mortel, c'est d'y aller. À l'heure de la messe on traîne au lit et on fait l'amour.

Donc, il n'y a plus de péché. Et c'est tant mieux!

Dans notre monde il y a un tas de bonnes choses. Ce n'est pas un monde mauvais. Dieu l'a fait et l'a trouvé beau et bon. Très bon même. «Il a tant aimé le monde qu'il a envoyé son fils, non pas pour le condamner, mais pour le sauver» (Jean 3..)

Le sauver de quoi? De choses moins bonnes. Dans nos quartiers dits «défavorisés», et tout autour de nous, il y a un tas de gens qui vivent comme des rats. Plus de la moitié de la population sait à peine lire et écrire; malgré leur dignité d'humains, plusieurs croupissent dans la niaiserie. Chaque jour, les médias nous vomissent des histoires invraisemblables, toutes plus sordides les unes que les autres. Des crimes absolument sauvages sont commis à tout moment  par des individus que bien souvent on prenait pour des anges. Le bitchage, les fake news, le harcèlement, la jalousie, le vandalisme, le vampirisme; le mensonge, le vol, le meurtre, la fraude, le viol se pratiquent à grande échelle. Les dépassements de coûts faramineux dans la construction, les éléphants blancs, le gaspillage effarant de l'argent public, les grosses bagnoles qu'on se paie à crédit pour encombrer les routes et augmenter la pollution; notre addiction au pétrole et à tous les produits qui empoisonnent la planète, notre analphabétisme proverbial et notre Alzheimer national, le «massacrage» de notre langue, notre insatiable besoin de bruit, de cris, de vacarme dans des attroupements de masse pour nous défouler, nous épanouir et transcender notre vie plate, alors que nous laissons dépérir nos belles grandes églises que nos pères et nos mères ont bâties à grands coups de sacrifices et avec tout leur cœur justement pour que  nous nous rassemblions et qu'ensemble nous nous ouvrions à plus grand que nous-mêmes; les messes ennuyeuses, les sermons insignifiants dont on perd la moitié des mots et qui ne collent pas à notre réalité, nos hypocrisies religieuses, notre pharisaïsme monumental, les montagnes de crimes commis par un tas de prêtres d'hier et d'aujourd'hui, qu'on a  cachés, niés ou couverts pour sauver la face de l'Église au détriment de millions de victimes innocentes (ce qu'à ma connaissance l'on ne mentionne que très rarement dans les demandes de pardon du Prions en Église...). N'est-ce pas un crime aussi d'avoir aboli l'absolution collective, comme si tant de péchés pouvaient être pardonnés par un seul pauvre petit curé tapi dans un confessionnal semblable à une armoire à balais. Tout ça, en plus des guerres, les ventes d'armes à des criminels, le commerce d'organes humain, les ventes d'enfants, la traite des filles, le trafic de la drogue, la destruction de l'environnement, tout cela et bien d'autres crimes que j'oublie, est-ce que ce ne sont pas des péchés?

Le «péché du monde», ça existe comme le fumier. Ça existe comme nos montagnes de déchets dont on ne sait plus quoi faire. Le péché déborde de partout. Il crève les yeux. Mais comme de bons ivrognes invétérés on les nie: «Ivrogne, moi?...  Je le jure, je n'ai jamais bu de ma vie! Ce sont les méchants qui disent ça de moi.»

Il y a en nous et parmi nous des maladies bien plus graves que le cancer et le sida. Ces maladies, c'est ça le péché.

- Mais ce n'est pas ma faute! me diras-tu. Pourquoi me parles-tu de ces choses? Tu veux que je me sente  coupable?»

- Mais non, tu n'es pas coupable, mon amour. Bien sûr,  ce n'est pas ta faute. C'est la faute du gouvernement, on le sait. C'est la faute des curés, c'est la faute des immigrants, c'est la faute du bon Dieu. Bref, c'est  toujours la faute des autres. Ce n'est jamais notre faute.

Or, penser ainsi, ça aussi c'est péché.

Oui, le monde est beau, Seigneur. Tu l'as tant aimé... mais il y a du mal en lui. Je fais partie de ce monde-là. Ne m'en sors pas, mais sors-nous de nos dénis. Sors-nous de ce qui défigure notre monde et le corrompt. Sors-nous de là comme tu as sortis les Hébreux d'Égypte. Fais nous passer du monde de l'insignifiance, de l'arrogance, de l'aveuglement, de la vanité, de l'injustice, de la saleté, de l'incohérence, du cynisme, de l'indifférence, de la lâcheté et de la mort, à un monde véritablement humain, juste et vrai.... Fais-nous passer la mer Rouge qui nous sépare d'une société libre, juste et fraternelle.  Seuls, on n'y arrive pas. Les coups de barre qu'il nous faut donner dépassent nos forces.

On a en nous toutes les énergies nécessaires pour tout recommencer à neuf mais donne-nous de le vouloir, de le désirer, de le chercher avec passion, avec ardeur, avec détermination, mais en gardant un peu de sens de l'humour.

En réalité, c'est une révolution qu'il nous faut, une vraie de vraie. Il nous faut    «renaître» (le mot est de toi, Seigneur). «Renaître d'en haut», avec les yeux de l'aigle qui voient large et loin. Renaître par la «grâce», par l'énergie pure de l'Être même de Dieu. (Jean 3, 2)

Seigneur, fais que je voie!


La loi du plus fort et l'autre loi


                                                   natha yoga

La loi du plus fort régit la nature. Elle assure la survie et le développement de la vie. Sans cette loi, nous n'existerions pas.

Nous existons, en effet, grâce au triomphe à tout instant du plus grand, du plus beau, du plus rusé, du plus musclé et du plus violent sur ses semblables. Elle est la loi implacable de la sélection des espèces, laquelle est au cœur de l'évolution, et sans laquelle il n'y a pas d'évolution,... ni de civilisation, ni... de sanctification.

L'Évangile qui rejette presque toute forme de violence et préconise l'amour des ennemis va carrément à l'encontre de cette loi; si bien qu'il ne serait pas exagéré d'affirmer que l'évangile est «contre nature»...

En réalité, c'est que l'être humain n'est ni un minéral, ni un végétal ni un animal. Il est tout cela, bien sûr, il est évidemment soumis aux lois de l'évolution, mais, en même temps,  il est différent. Une autre loi l'habite, trop peu connue, qui dort au fond de son être.

Cette loi est tout le contraire de la loi du plus fort. L'Évangile de Jésus vient éveiller cette force qui sommeille dans les humains, cette même force qui les rend humains.

La loi du plus fort est un tyran qui me porte à prendre des attitudes et à poser des gestes que je n'aime pas.  («Ah, qui me libérera de cette tyrannie?» s'écrie l'apôtre Paul...- Romains 7, 22-24). «L'autre loi» bannit toute violence, toute haine, toute rancœur; elle bannit la mort.

C'est cette force laissée en sommeil, qui doit être éveillée et activée, évidemment pas pour tenter  d'annuler la loi de la nature, mais pour éviter qu'elle soit le seul maître à bord.

L'évangile nous laisse entendre que notre humanité commence là où notre animalité est dépassée, et que les forces qu'il faut réveiller et cultiver pour marcher dans cette direction non seulement abondent mais elles surabondent.




«Le voleur ne vient que pour voler, égorger et faire périr. Moi, je suis venu pour que vous ayez la vie et l'ayez en abondance» (Jean 10, 10) .

«Là où le mal abonde, la grâce surabonde» (Romains 5, 20).


Les personnages-clé de l'Évangile




Jésus est au centre de l'Évangile. Mais de très près le suivent des personnages de premier plan. Sans ces personnages, Jésus serait resté un homme secret. Ce sont eux qui ont «obligé» Jésus à manifester le mystère qu'il portait en lui. Ils sont les personnages-clé de l'Évangile.

Qui sont-ils?

Ces personnages-clé de l'Évangile, ce sont les aveugles, les lépreux, les sourds-muets, les boiteux, les publicains, les samaritains, les pauvres, les "pécheurs". Ce sont eux qui  «forcent» Jésus à mettre à nu la puissance de l'Esprit qui l'anime, qui l'unit au Père, qui illumine, libère, guérit, ressuscite et sauve.  Sans eux, on n'aurait probablement jamais entendu parler de Jésus.   Marie de Magdala, Zachée, la Samaritaine, le chef de la synagogue, le centurion, la femme courbée, l'hémorroïsse, la veuve de l'obole, l'hydropique et combien d'autres ont sorti Jésus de l'ombre et lui ont permis d'éclairer le monde.


                                              youtube                        La Madeleine

Moi, j'aime me voir mêlé à cette foule d'estropiés de la vie, aveugle comme eux, sourd, muet, boiteux et  lépreux comme eux. Pécheur comme eux. Je suis ce père dépourvu de tout recours devant un fils malade qui se jette dans le feu; je suis  aussi le père dont la petite fille chérie est sur le point de mourir. Je suis aussi le maître désespéré qui voit agoniser ce serviteur qui est aimé comme un fils. J'ai sans doute quelques atomes crochus avec le monstre de Gérasa possédé par l'esprit d'une légion très mauvaise. Je suis sans doute aussi ce Lazare enfermé dans son tombeau depuis plusieurs jours.  Je suis probablement le pharisien qui se sent proche de Jésus mais, par prudence, se tient à distance de lui. Je crois quand même que je suis proche de Jésus, mais, qui sait?... Peut-être que par cette supposée proximité je le cache au lieu de le manifester...

J'ai une véritable dévotion  pour ces petits, ces personnes brisées, désespérées, ces pauvres, ces mal aimés, ces gens «ordinaires» comme moi, qui ont, pour ainsi dire, mis Jésus au monde. 

 DÉSINTOX




La foi au Dieu de la vie ne se greffe pas sur l'arbre pourri de croyances primitives basées sur des légendes et sur la peur.

J'aurai honte de dire que je crois en Dieu tant que le vieux dieu de la terreur sera dans le paysage.

Ce vieux dieu, on le connaît. La Bible en est pleine: il est le Super Mâle qui a toujours raison. Il est l'œil qui voit tout, le Big Brother, le parfait éteignoir de la liberté. Son ego n'a pas de bornes. Il adore se faire adorer. Il tient tout dans sa main.  Qu'il baisse la garde un seul instant et l'univers s'écroule. Jamais on ne rit avec lui. Pas un seul brin d'humour. Il punit la moindre peccadille. Pour ses services il charge toujours plein prix.

Maintes fois on a tenté de recycler ce Dieu infiniment chatouilleux en lui prêtant des gentillesses, des miséricordes, des tendresses, des pardons, mais, cela n'a jamais changé grand-chose. Jamais il n'a cessé de susciter peur, rage, frustration,  désespoir et impuissance. Ce vieux dieu-là, c'est le dieu de l'enfer. C'est de lui que j'ai honte.

La bonne nouvelle dans tout cela: c'est que ce dieu méchant, en fait,  n'a jamais existé! Des peurs très anciennes qui se sont  accumulées dans les humains depuis des millions d'années ont inventé ce dieu de la terreur et l'ont incrusté dans les tissus les plus profonds de notre inconscient. Il est très coriace: on a beau le déclarer mort, il revient toujours nous hanter.

Le Dieu en qui je crois, évidemment,  est tout Autre.  Mais tant que le vieux dieu lui barrera la route, l'Autre passera difficilement. Est-ce qu'une greffe peut prendre sur un arbre rongé par les vers?

Il est donc urgent de se désintoxiquer en profondeur de ce qui peut rester en nous du dieu des orages et des lois qui nous empêche de respirer, afin de laisser toute la  place au Dieu de la liberté qui se manifeste en Jésus. Autrement dit, il est indispensable de se débarrasser des doctrines et des croyances toxiques qui nous habitent... sinon jamais la nouveauté de l'Évangile  entrera profondément en nous, jamais il ne «collera» à notre vie.

Le vin nouveau dans de nouvelles outres.

De quoi faut-il d'abord se désintoxiquer? De toutes les images et les idées fausses que nous nous sommes fabriquées sur Dieu et sur la religion, même si elles proviennent, comme c'est souvent le cas, de la Bible elle-même et même si pendant des siècles elles ont été véhiculées par la foi sincère des anciennes générations.

La bible est comme un arbre choisi que des humains inquiets, éclairés, chercheurs, ont écorcé tout doucement, découpé, taillé de plus en plus finement pour en retirer une sculpture. Du commencement à la fin, il s'agit du même arbre, mais la sculpture n'apparaît qu'à la fin.

La sculpture qui apparaît à la fin de la Bible, c'est JÉSUS.

Il apparaît avec une vision de Dieu qui n'est pas inspirée par les orages cosmiques des premiers temps de l'univers, mais  par l'image d'un pauvre parmi les pauvres dévoué à redresser ceux qui tombent; et qui tombe lui-même pour ne se relever qu'après s'être colleté avec la mort et...l'avoir terrassée.

Le Dieu de Jésus n'est pas séparé de l'humain. Il ne le domine pas et ne le fait pas marcher à coups de bâton. Le Dieu de Jésus est un Dieu qui ne fait qu'un avec l'humain; il marche avec lui, partage ses douleurs, ses chutes, ses revers, mais aussi ses rêves de plénitude les plus fous, jusqu'à défier la mort avec lui et à la dépasser pour lui. C'est en cela qu'il est grand et magnifique.


Amos et le «petit reste»
nos priorités

(Amos 5, 14-15.21-24)

                                                                                               meuse ardennes overblog




Ce matin, 4 juillet, par une chaleur suffocante, je suis réveillé par Amos. Son peuple a été conquis et dispersé. Seule une petite poignée est restée dans le pays. Ce "petit reste"  lutte pour sa survie, mais il n'en peut plus. Il s'accroche à ses liturgies, à ses sacrifices et à ses cantiques, convaincu que  Dieu aura pitié de lui et finira par lui rendre le souffle. 

Piqué par je ne sais quelle mouche, Amos saute alors dans l'arène et apostrophe le «petit reste» en ces mots: «Si vous voulez vivre... faites régner la justice!»

Puis il met dans la bouche de Dieu un discours qui retentit comme une salve de mitraillette:

«Je déteste, je méprise vos célébrations. Vos liturgies me dégoûtent. Je n'accepte pas les offrandes que vous me présentez. Vos sacrifices, je ne les regarde même pas. Je ne veux plus entendre le tapage de vos cantiques, et je me bouche les oreilles pour ne pas écouter le braillement de vos musiques. JE VEUX SEULEMENT QUE LE DROIT JAILLISSE COMME UNE SOURCE, ET QUE LA JUSTICE COULE COMME UN TORRENT QUI NE TARIT JAMAIS ! »
(Amos 5, 21-24).

Appliqué à nous, cela pourrait se traduire ainsi: «Je ne veux plus de vos messes qui me font bâiller. Je ne veux plus de vos sermons lénifiants sur l'amour et la paix, ni de vos adorations, méditations ou chapelets qui me font dormir. Je veux que, jour et nuit, vous preniez à cœur le sort des derniers de la Terre. Je veux que vous fassiez entendre partout la voix des sans-voix. Je veux que vous soyez des passionnés des droits humains, que vous vous déclariez carrément  ennemis du néo libéralisme et de toute la ratatouille de la finance et des grandes affaires qui chaque jour contrôlent un peu plus votre esprit, votre pays et le monde entier. Je veux que vous renonciez à jamais au pétrole et à tous les poisons qui tuent la Terre. Je veux que vous cessiez d'adorer à genoux et front contre terre la sacro-sainte CROISSANCE À TOUT PRIX ET SES EMPLOIS!

«Je veux que vous ouvriez très larges vos portes et vos cœurs aux rejeté-es et aux réfugié-es de la Terre. Je veux que vous cessiez d'émasculer la figure de Jésus en portant aux nues sa douceur, sa patience, sa miséricorde alors que vous omettez honteusement de crier très fort  qu'il n'a pas été crucifié parce qu'il était gentil avec les petites gens, mais plutôt parce qu'il n'avait pas de patience, pas de douceur et pas tellement de miséricorde pour les canailles qui les opprimaient, les méprisaient ou les ignoraient.

Mais moi,  j'ajoute ceci: «Soyez des passionnés de la justice, mais non des fanatiques! Ne vous laissez pas emporter par la haine. Et que dans votre amour de la justice il y ait toujours place pour l'humour et l'ouverture aux autres, y compris vos adversaires. Ne soyez jamais des radicaux aveugles, amers et fielleux comme si vous étiez propriétaires de la vérité.   En un mot, soyez comme Jésus, sans placer la  barre trop haut, ni la descendre trop bas. 

«Ce que je veux, c'est que le Droit jaillisse comme une source, et que la Justice coule comme un torrent qui ne tarit jamais!»  Elle est là votre priorité de vie.

Jésus viendra plus tard la fixer  en ces termes: «Cherchez avant tout le Royaume de Dieu et sa Justice,  et tout le reste vous sera donné par surcroît ! » (Matthieu 6, 33).

« Alors, oui, vous pourrez faire ronfler vos orgues, sonner vos guitares, et résonner vos chants de joie, car nous serons sur la même longueur d'onde. Vous pourrez célébrer vos eucharisties avec force cloches, méditer, prier, adorer de tout votre cœur, car vous serez avec moi et moi je serai avec vous ! »


Ce bâtiment étrange




Un peu partout, au milieu des villes et villages du Québec,  se dresse encore un bâtiment très différent des autres. Un bâtiment qui a déjà bourdonné de vie mais qui, dans bien des endroits, est maintenant plongé dans le coma. La plupart du temps, on ne sait pas quoi en faire, sauf le vendre pour une dizaine de dollars ou le démolir. À contrecœur, il va sans dire. 

Ce bâtiment est l'église, et l'église n'est pas un musée ni un mouroir. Elle n'est pas une école de réforme ni une machine inventée pour nous ramener ou nous retenir dans le passé. Elle n'est plus la passerelle obligatoire pour éviter l'enfer et nous conduire au ciel. Dans le smog de nos vies, sur la mer de notre monde utilitaire et jetable, elle est le grand vaisseau de ce qui ni se vend ni ne s'achète. Elle est, dans la grisaille, une porte à peine entrebâillée qui laisse filtrer quelques reflets d'un monde idéal vers lequel nous marchons sans trop savoir. Le lieu où, à travers les symboles, les gestes, les mots, les sons, les silences, et par les chemins du cœur, on accède quelquefois à une réalité qui nous habite et nous dépasse et sur laquelle nous n'avons aucune prise. Le lieu où il nous est permis de respirer un autre air... De nous submerger dans une autre eau, où les distances et les différences s'estompent et s'abolissent, où les plus beaux rêves soudain paraissent réalisés, où le mal n'existe plus, où tout est beau, tout est juste et tout est bon. Où, pendant le temps d'un éclair, Dieu n'est plus un problème mais seulement une réponse d'une fulgurante clarté, et où tout ce qui semblait mort rutile de vie. L'église est source fraîche et sommet d'une montagne proche et lointaine vers lequel nous avançons lentement sous le soleil et dans la nuit... Passage proposé pour accéder par les couloirs intérieurs de l'être au faîte de notre humanité. Là où se fixe dans une étreinte éternelle un plaisir brûlant, plus fort que le feu enflammant deux êtres qui s'aiment à la vie et à la mort.  On vient s'y reposer. On vient s'y abreuver, s'y baigner. On vient s'en imprégner et s'en nourrir pour continuer à naviguer sans perdre souffle dans la banalité du tout pesé, calculé, quadrillé, codifié, étiqueté, quantifié, et sans pitié. Elle est l'ébauche très imparfaite de la Cité de demain sans murs et de pur cristal.  La Cité qui n'est pas arrivée mais qui est en chemin, dans notre propre humanité.

Notre église a déjà été le foyer de notre société, mais aujourd'hui elle n'est plus qu'un vieux bateau échoué dans les sables du passé. Quand ce bâtiment sera effacé pour toujours de nos paysages, et quand sa flèche cessera de pointer vers le haut, nos campagnes et nos villes seront plus pauvres et plus plates; presque plus rien ne nous rappellera que l'humain ne vit pas seulement de poussière mais aussi de lumière. On cherchera ce qui manque et on ne trouvera que du vent.

Avec le temps, j'en ai la certitude,  notre âme va s'éveiller; elle ne manquera pas d'inventer des lieux, nouveaux et plus souriants, où l'on pourra réapprendre à  respirer par le haut...


Cannabis
                                                   chanvre info

Au Québec, on s'interroge sur le droit de prescrire du cannabis aux chiens qui souffrent  d'anxiété.

Seuil de pauvreté au Québec


                                             Jacques Nadeau Le Devoir

Fixé à :
18 000 $ par année pour une personne
36 000 $ par année pour une famille de 4 personnes.

Cloches

Deux cloches de  la défunte église St-Octave à l'est de Montréal ont été volées. On les a dépecées et vendues pour environ 7000 $. Les vitraux avaient déjà été vendus aux enchères. Le reste de l'église a été rasé et remplacé par des condos.

Proches aidants


                                              Le Devoir

Au Québec, ils sont 1 million six cent mille.


Ça peut attendre


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Deux amoureux n'ont pas fait l'amour depuis 100 ans. Ils dialoguent dans leur lit:
Elle - Ce soir, on le fait?
Lui - Ça ne presse pas.
Elle - C'est ce que je me disais...


Épines et renard




Un renard fouine autour de la maison. Il est plutôt petit. Son poil roux se termine en pinceau noir dans le bout des pattes, de la queue  et des oreilles. J'espère qu'il va établir ses quartiers sur nos terres. Il y a quelques années, nous avons hébergé une famille de goupils de ce genre. Ils y ont prospéré grassement. Les petits étaient adorables. Mais les écureuils les trouvaient moins gentils. C'est que les renards sont des machines à bouffer les écureuils. Tant pis, car sous l'empire des écureuils, rien ne survit dans notre jardin. Ils détruisent tout. Même qu'ils grimpent jusqu'à la tête des pommiers pour gruger les pommes les plus hautes.  Nos braves framboises sont les seules à avoir la vie sauve. Grâce à leurs épines...

Le sexe faible et le sexe fort




Plus j'observe les animaux, plus j'apprends. Un mâle en rut n'arrête devant rien pour attraper une femelle. Celle-ci l'excite en le laissant s'approcher de près et quand il pense que le moment est arrivé, elle déguerpit. Elle joue ainsi avec lui tout le temps que cela lui plaît. Quand le mâle n'en peut plus, quand il n'a plus la force de se retenir, quand il est tout près de rendre l'âme, alors elle consent. Quasiment agonisant, le mâle se vide de sa substance et il est vaincu au moment où il devrait chanter victoire. En fait, celle qui a dominé tout le temps et qui, à la fin, a gagné, c'est la femelle. Chez certaines espèces, après l'accouplement,  il arrive même que la femelle dévore le mâle.


Respirer


                                              psycologies

Que je sois endormi ou éveillé, ma respiration se fait toute seule. C'est grâce à elle si je suis en vie, mais il est rare que je m'attarde à y penser. Il me suffit de respirer. Aucune réserve à faire, ni rien... Tant qu'il y aura de l'air et qu'il me restera de la force, je respirerai.

La respiration ne dépend nullement de la raison. Elle se fait toute seule. Elle est gratuite. Elle est un don pur, le plus grand de tous les dons.

Ma relation à Dieu est un peu comme ça. 


La vérité est en nous
                                                                                  météo-lyon

Émerveillé de voir que nous sommes à peu près tous et toutes imbattables pour prédire la température,  Jésus se demande pourquoi, bon sang, nous ne serions pas capables de juger par nous-mêmes ce qui est juste et ce qui ne l'est pas (Luc 12, 57).

Pourquoi pas, justement?

Allumette




Une allumette n'est qu'une goutte de soufre séché collée au bout d'un bâtonnet. Il suffit de  frotter un brin pour qu'en jaillisse  une étincelle. Cette étincelle  est potentiellement capable d'incendier le monde. 

Pourquoi donc serait-il insensé de songer qu'il puisse exister au fond de nous-mêmes quelque chose comme une étincelle capable de nous projeter au-delà de la mort?

Tous et toutes, nous sommes faits de lumière et sommes destinés à la lumière.



La chance des pécheurs


Pour les gens qui s'efforcent d'être vertueux, il est assez frustrant de constater que dans l'évangile,  ce sont les pécheurs qui sont les préférés de Jésus. Ouais.... Les derniers sont vraiment les premiers et le monde est à l'envers. Curieux, non?...


                   UNE AUTRE GRANDE SURPRISE



                                                   BBC
          
Te voilà, TROU NOIR, mangeur de galaxies, salut à toi!

À la prochaine!

ELOY







PSAUTIER REVISITÉ

Je n'ai pas changé les Psaumes. Je les ai seulement revisités  pour les épousseter , les nettoyer de certaines incohérences, le...